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2.3.2 Classement aux hypothèses
Pour le classement je recours à un passage de l’article de Popper « Epistemology Without a Knowing Subject ». Il écrit :
“[W]e may distinguish the following three worlds or universes: first, the world of physical objects or of physical states; secondly, the world of states of consciousness, or of mental states, or perhaps of behavioural dispositions to act; and thirdly, the world of objective contents oh thoughts, especially of scientific and poetic thoughts and of works of art.” (S. 106)[1]

Sans entrer dans le détail des différences des hypothèses, les classements suivants me semblent plausibles.
Le premier monde, c’est le « world of physical objects » ; on appelle ce monde aussi le « monde extérieur ». Ce monde a la réputation d’être matériel et indépendant du sujet. Par conséquent, ce monde correspond à la combinaison M et non-S.
Le deuxième monde est le monde immatériel (Popper : « mental », p. 106) et dépendant du sujet (Popper : « the world of subjective experiences », p. 155). Par conséquent, ce monde correspond à la combinaison non-M et S.
Le troisième monde est le monde immatériel et indépendant du sujet. Par conséquent, ce monde correspond à la combinaison non-M et non-S. L’existence de ce monde est défendu par plusieurs auteurs, pas seulement par des philosophes, mais encore par des sociologues. Par exemple, Frege écrit, les pensées sont
„weder Dinge der Außenwelt noch Vorstellungen. Ein drittes Reich muß anerkannt werden. Was zu diesem gehört, stimmt mit den Vorstellungen darin überein, dass es nicht mit den Sinnen wahrgenommen werden kann, mit den Dingen aber darin, dass es keines Trägers bedarf, zu dessen Bewusstseinsinhalte es gehört.“(1918-1919, S. 43-44).
Durkheim se prononce ressemblent sur « le domaine propre de la sociologie. » (p. 6) : « Voilà donc un ordre de faits qui présentent des caractères très spéciaux : ils consistent en des manières d’agir, de penser et de sentir, extérieures à l’individu, et qui sont douées d’un pouvoir de coercition en vertu duquel ils s’imposent à lui. Par suite, ils ne sauraient se confondre avec les phénomènes organiques, puisqu’ils consistent en représentations et en actions ; ni avec les phénomènes psychiques, lesquels n’ont d’existence que dans la conscience individuelle et par elle. Ils constituent donc une espèce nouvelle et c’est à eux que doit être donnée et réservée la qualification de sociaux. » (p. 5)
Remarquable est le fait, que Popper et Durkheim, malgré leur affirmation, que le monde 3 soit un monde objective et immatériel, comptent aussi les choses matériels parmi ce monde : Popper classe les « works of art » et Durkheim classe les « manières d’agir », les « actions » dans ce monde.
C’est la conséquence d’une différenciation manquante dans la sphère du monde 3 et de la procédure de classement : Car quelques choses ne sont classable ni au monde extérieur ni au monde intérieur, et car les auteurs appliquent plus ou moins consciemment la méthode d’exclusion, il ne reste que le monde 3 comme catégorie résiduel. Durkheim écrit explicitement : «car le mot de social n’a de sens défini qu’à condition de désigner uniquement des phénomènes qui ne rentrent dans aucune des catégories de faits déjà constituées et dénommées. » (p. 5-6)
Le quatrième monde n’est mentionné ni dans Popper, ni dans Durkheim ou par les autres auteurs. C’est la raison pour laquelle je vais entrer dans le détail de ce monde dans le suivant.
[1] À la page 154 on trouve un autre passage, qui ressemble à le premier, mais il y a des differences, surtout concernant le World 3: “the third is the world of intelligibles, or of ideas in the objective sens; it is the world of possible objects of thought: the world of theories in themselves, and their logical relations, of arguments in themselves, and of open problem situations in themselves.” Popper remarque, qu’il y avait plusieurs auteurs, qui ont déjà postulé l’existence d’un troisième monde: „I am thinking of Plato, the Stoics, and some moderns such as Leibniz, Bolano, and Frege (but not of Hegel …).“ (S. 153)
3.2 Critique à Durkheim et Popper et leur théorie des trois mondes
Si on accepte, que le sujet ne participe seulement au monde matériel, mais aussi au monde immatériel, et si on prend un sujet collectif comme point de départ, on peut compléter la définition du domaine de la sociologie selon Durkheim : Le domaine de la sociologie n’est pas seulement la conscience collective, mais aussi le corps collectif. Le monde 4 est aussi le domaine des sciences sociales que le monde 3.
On peut objecter l’argument suivant : Il est vrai que le monde 3 est un monde immatériel et le monde 4 est un monde matériel, donc ils sont comme l’esprit et le corps d’un sujet collectif. Mais les deux mondes se distinguent concernant leur dépendance du sujet : Monde 3 est indépendant du sujet et monde 4 en est dépendant. Comment un monde indépendant du sujet, le monde 3, peut faire partie du sujet ?
Cette objection ne rend pas compte du suivant : la définition des mondes, c’est-à-dire laquelle du monde extérieur, du monde intérieur et du monde 3 s’effectue sous l’ange individualiste ; c’est la position, que c’est l’individu, qui est le sujet d’action et de la connaissance. Même Durkheim emprunte cette position en qualifiant le monde 3 d’être objectif.
J’explique l’argument à l’aide d’un exemple : Si on dit, que le monde intérieur, c’est-à-dire les pensées, les affections et les volontés d’un certain homme, est le monde subjectif, cette définition n’a sens qu’à la condition, qu’on parle d’individu, qui est le sujet. À cette condition, toutes les autres choses immatérielles sont objectives.
Mais, si on défend la position collectiviste, il faut être conséquent. C’est-à-dire : « être dépendant du sujet » signifie : « être dépendent du sujet collectif ». Dans ce cas, les choses, qu’on appelle les éléments du monde 3 ne sont pas du tout un monde indépendant du sujet collectif: au contraire, ce monde est son propre esprit, c’est la conscience collective. Pour le sujet collectif, ce sont plutôt les pensées, affections et volontés individuelles, qui sont objectives.
Ēxpliquation de notion
Pour échapper les malentendus conceptuels, on peut distinguer deux stratégies :
Ou on classe le mot « monde intérieur » à la notion « monde immatériel du sujet individuel », puis l’extension de la notion est stable relativement. Mais on est obligé, pour échapper les malentendus, d’utiliser un autre mot pour la même extension, si on défend la position collectiviste. Car pour le sujet collectif, le monde intérieur n’est pas intérieur, mais extérieur ; et c’est le monde 3, qui est intérieur.
Ou on classe le mot « monde intérieur » à la notion « monde immatériel », (si nécessaire, par exemple au début du texte, on peut compléter le mot par l’adjectif « individuel » ou « collectif »). C’est-à-dire on utilise le mot indépendamment du niveau d’agrégation ; puis, il est vrai, l’extension de la notion augmenter dans la mesure où on augmente le niveau d’agrégation. Mais dans ce cas l’utilisation du mot est plus correcte.
3.3 Relations entre les mondes
Si on accepte, qu’il y a quatre mondes et que chaque monde peut être en relation avec les autres, on peut distinguer six relations entre ces mondes. Autrement dit : Tandis qu’à la condition, qu’on ne suppose que trois mondes, il n’y a que trois relations ; à la condition, qu’on suppose quatre mondes, le nombre de relations se double.
Dans le suivant, j’explique brièvement les trois relations « classiques », qui sont possible à la condition, qu’il y a seulement trois mondes ; mais je me borne à une description courte et formelle.
Les trois relations suivantes sont possibles :
- Relation entre monde extérieur et le monde intérieur.
- Relation entre le monde extérieur et le monde 3.
- Relation entre le monde intérieur et le monde 3.
Dans chaque cas, on peut distinguer deux « directions » : Ou l’un monde influence l’autre (Exemple : Le monde extérieur influence le monde intérieur.) ou le dernier influence le premier (Le monde intérieur influence le monde extérieur.). Au lieu des relations conditionnelles on peut aussi analyser des relations causales ou des corrélations.
Un exemple d’une description d’une relation causal on trouve dans Popper. Il écrit: „One of the fundamental problems of this pluralistic philosophy concerns the relationship between these three „worlds“. The three worlds are so related that the first two can interact, and that the last two can interact. Thus the second world, the world of subjective or personal experiences, interacts with each of the other two worlds. The first world and the third world cannot interact, save through the intervention of the second world”. (1974, p. 155)
d. Relation entre le monde extérieur et le monde 4
Il s’agit d’une relation entre deux mondes matériels, en effet l’un, qui dépend du sujet, et l’autre, qui ne dépend pas du sujet. Si on accepte la caractérisation dans le passage 3.1.1, il s’agit de la relation entre la nature et la culture. Les deux sont liées par le processus du travail. C’est le travail, par lequel le monde extérieur est approprié et devient dépendant du sujet. Par exemple Marx écrit:
„Die Arbeit ist zunächst ein Prozeß zwischen Mensch und Natur, ein Prozeß, worin der Mensch seinen Stoffwechsel mit der Natur durch seine eigne Tat vermittelt, regelt und kontrolliert. Er tritt dem Naturstoff selbst als Naturmacht gegenüber. Die seiner Leiblichkeit angehörigen Naturkräfte, Arme und Beine, Kopf und Hand, setzt er in Bewegung, um sich den Naturstoff in einer für sein eignes Leben brauchbaren Form anzueignen. Indem er durch diese Bewegung auf die Natur außer ihm wirkt und sie verändert, verändert er zugleich seine eigne Natur“ (1962, p. 177)
Dans cette citation Marx se réfère plutôt à l’individu, qui affronte la nature (« der Mensch », c’est-à-dire : chaque homme). On peut distinguer plus clairement la relation entre la nature et l’individu et la relation entre la nature et le sujet collectif.
Je voudrais revenir brièvement à la question du passage 3.1.2. Il est vrai, qu’il n’y a pas seulement le processus de l’appropriation et de la culture, mais aussi le processus de l’expropriation, c’est-à-dire le processus de transition à l’état naturel. Mais l’hypothèse est plausible, que même dans ce cas, ce soit aussi l’homme, qui cette transition « durch seine eigene Tat vermittelt, regelt und kontrolliert. » Donc on peut dire, que l’extension du monde 4 augmente au détriment du monde extérieur.
e. Relation entre le monde intérieur et le monde 4
Il s’agit de la relation entre les deux mondes, qui dépendent du sujet, mais se distinguent par leur substance. Cette relation se trouve dans le centre de la discussion du problème corps-esprit. Car on peut distinguer entre l’individu et la collectivité, on peut également distinguer deux problèmes: Le problème corps-esprit de l’individu et lequel de la collectivité. De plus on peut rechercher, s’il y a des qualités communes et des différences entre ces deux problèmes et s’il y a des relations entre eux.
f. Relation entre le monde 3 et le monde 4
Cette relation est laquelle entre les deux mondes, qui ne partagent ni la substance ni le même statut concernant la dépendance du sujet. De la position individualiste il s’agit de la relation entre le corps individuel et les pensées, affections et volontés collectives. De la position collectiviste, il s’agit de la relation entre le corps collectif et les pensées, affections et volontés individuelles.
4 Résumée
Voilà les résultats de ce devoir, qu’on peut grouper en trois points :
1. Si on combine les variables « substance » (avec les variantes « matériel » et « immatériel ») et « dépendance du sujet » (avec les variantes « dépendant du sujet » et « indépendant du sujet »), on peut distinguer quatre mondes : le monde extérieur, le monde intérieur, le monde 3 et le monde 4. Le monde 4 est un monde matériel et dépendant du sujet.
2. Quels sont les éléments du monde 4 ? La réponse dépend du niveau d’agrégation, sur lequel on positionne le sujet : sur le niveau individuel, le corps individuel fait partie du monde 4 ; sur le niveau collectif, c’est le corps collectif et au sens large les objectivations d’esprit humain, autrement dit : la culture humaine matérielle.
3. Ces quatre mondes sont liés par six relations, en plus des trois relations classiques, on a discuté trois autre relations : la relation entre le monde 4 et le monde extérieur, laquelle entre le monde 4 et le monde intérieur et laquelle entre le monde 4 et le monde 3.
Par conséquence, on peut compléter plusieurs théories philosophiques et sociologiques, par exemple l’hypothèse de Popper, Frege ou Durkheim, qu’il n’y ait que trois mondes.

