Posts tagged ‘Halbwachs’

2.2.1.2 Le niveau d’agrégation du sujet

Quant à la recherche du sujet, il faut également définir le niveau d’agrégation, sur lequel on peut positionner le sujet. Cette définition est nécessaire, car il n’est pas évident, qu’on ne positionne le sujet que sur le niveau individuel.

Il y a également des sujets collectifs, soit de petits groupes, par exemple la famille, les cliques ou les équipes, soit de grands groupes, par exemple les organisations et les clans. [1] Ces sujets collectifs peuvent exister aussi comme sujet de connaissance ou comme sujet d’action ; c’est-à-dire, les sujets collectifs peuvent aussi participer ou au monde matériel ou au monde immatériel ou aux deux.

Il y a plusieurs domaines philosophiques, où on tient compte du fait, que des sujets collectifs existent ; surtout dans la philosophie d’état. Un représentant français est par exemple Jean-Jacques Rousseau, qui écrit dans son œuvre « Du Contrat social » : „À l’instant, au lieu de la personne particulière de chaque contractant, cet acte d’associations produit un corps moral et collectif composé d’autant de membres que l’assemblée a de voix, lequel reçoit de ce même acte son unité, son moi commun, sa vie, sa volonté. »[2] Ce sujet collectif n’a seulement de corps, mais aussi d’esprit.

La position collectiviste dans les sciences sociales est représentée en particulier en France. Les représentes de cette position sont entre autres Durkheim et ses élèves, par exemple Maurice Halbwachs. Dans son œuvre « Les règles de la méthode sociologique » Durkheim analyse la « conscience collective », qu’il oppose à la conscience individuelle. Cette conscience collective se distingue par son extériorité relative à la conscience individuelle et par la coercition, qu’elle exerce sur cette dernière. Je reviens un peu plus tard sur Durkheim et Halbwachs.

Au moins dans l’épistémologie classique et aussi dans l’épistémologie philosophique moderne le focus est encore dirigé à l’individu comme sujet de connaissance.[3]

Comment peut-on s’imaginer la relation entre le sujet individuel et le sujet collectif ? L’existence d’un sujet individuel et laquelle d’un sujet collectif n’excluent pas l’une l’autre. Les deux sujets peuvent exister en même temps et plus ou moins indépendant l’un de l’autre. Si un individu meurt, cela ne cause pas la mort (immédiate) du sujet collectif, et vice versa.

De la même manière est la dépendance de la connaissance et de l’action : La connaissance ou l’action individuelle ne dépend pas de la connaissance ou l’action collective.

Si on se borne à une dichotomie individu – collectivité et si on tient compte de la répartition concernant la substance, six combinaisons sont possibles ; je me borne dans le suivant au sujet en forme d’un individu matériel et immatériel et d’une collectivité matérielle et immatérielle.[4]


[1] Cf. concernant le „group thinking“ des petits groupes, par exemple l’entourage de John F; Kennedy : Janis: Victims of Groupthink: A Psychological Study of Foreign-Policy Decisions and Fiascoes., 1972.

[2] Livre 1, Chapitre 6 « Du pacte Social ».

[3] Un exemple est le sujet de la connaissance selon Descartes. Quant à l’épistémologie social (sous l’ange sociologique) cf. entre autre Fleck 2008 (première édition 1935), quant à l’épistémologie social sous l’ange philosophique cf. entre autre Goldman, 1999, 23002.

[4] Individu matériel, individu immatériel, individu matériel et immatériel,  collective matérielle, collective immatérielle et collective matérielle et immatérielle.

mars 18, 2009 at 6:32 Laisser un commentaire

3.1.1 Thèse 1. Le Monde 4 est le corps du sujet

La thèse, qui s’impose la première est la supposition, que le monde 4 ne soit rien d’autre que le corps du sujet. Le corps est évidemment matériel et il dépend du sujet ; plus précis : il est vrai que sa propre naissance ne dépend pas du sujet, mais le maintien, les changements corporels et la mort (corporelle) ne sont pas indépendants du sujet.

Dans le passage 2.2.1.2 on a expliqué, qu’un sujet peut être positionné sur plusieurs niveaux, les pôles extrêmes sont l’individu et l’humanité. Cela signifie pour l’extension du monde 4 le suivant :

Si on prend l’individu comme point de départ, c’est au moins son corps, qui fait partie du monde 4. Mais par cette constatation on n’a pas expliqué ce qui est le corps d’individu. Par exemple on trouve parfois certaines déclarations comme la suivante : « „Dans l’univers des nouvelles technologies de communication, le corps humain est prolongé par des prothèses (les objets nomades, tel le téléphone portable).“ (Henri-Pierre Jeudy, p. 147) À la question, quelles choses font partie du corps du sujet et lesquelles n’en font pas, je ne voudrais pas suivre. Plus intéressante est une analyse du corps du sujet collectif.

Si on prend la collectivité comme point de départ, c’est son corps, qui fait partie du monde 4. Plus la collectivité est grande, plus son corps est grand et plus le monde 4 est grand. En cas extrême, si on suppose l’humanité comme sujet, monde 4 consiste de tous les corps humaines.

Mais on peut continuer. Dans le passage 2.2.1.2 j’ai mentionné Halbwachs et son hypothèse d’une mémoire collective, et maintenant je voudrais revenir à lui. Selon Halbwachs, cette mémoire collective est – par contraste à la mémoire individuelle, qui est « intérieure ou interne » (p.99) – « extérieure » (p.99) ; il écrit, « que nous connaissons notre mémoire personnelle seule du dedans, et la mémoire collective du dehors ». En particulier, il démontre l’importance de l’espace et des corps dedans duquel pour la mémoire collective : « nous dirons que la plupart des groupes, non seulement ceux qui résultent de la juxtaposition permanente de leurs membres, dans les limites d’une ville, d’une maison ou d’un appartement, …, dessinent en quelque sorte leur forme sur le sol et retrouvent leurs souvenirs collectifs dans le cadre spatial ainsi défini. » (p. 232)

Si on accepte la position de Halbwachs, le monde 4 ne consiste pas seulement des corps humaines, mais aussi d’autres choses matérielles, qui sont crées par eux, par exemple l’appartement, la maison, la ville.

Une position semblable défend Popper en cadre d’une expérience imaginaire, qui lui sert comme argument pout l’indépendance du monde 3.[1] Au total on peut dire, que le corps du sujet collectif, ce sont toutes les objectivations de la culture (humaine).


[1] „All our machines and tools are destroyed, and all our subjective learning, including our subjective knowledge of machines and tools, and how to use them. But libraries I and our capacity to learn from them survive. Clearly, after much suffering, our world may get going again.” (p. 107-108)

mars 18, 2009 at 5:22 Laisser un commentaire


Catégories


Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.