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3 Le Monde 4. Matériel et dépendant du sujet
Dans le passage suivant j’analyse quelques questions, qui résultent de la supposition de l’existence d’un quatrième monde.
3.1 Qu’est-ce que le Monde 4 ?
Deux caractéristiques du monde 4 sont connues : Ce monde est matériel et dépendant du sujet. Mais cette réponse formelle-abstraite semble insuffisante. Dans le suivant, je voudrais recherche, quelles choses plus « concrètes » font partie de ce monde. Plusieurs réponses sont possibles ; j’en discute deux.
3.1.1 Thèse 1. Le Monde 4 est le corps du sujet
La thèse, qui s’impose la première est la supposition, que le monde 4 ne soit rien d’autre que le corps du sujet. Le corps est évidemment matériel et il dépend du sujet ; plus précis : il est vrai que sa propre naissance ne dépend pas du sujet, mais le maintien, les changements corporels et la mort (corporelle) ne sont pas indépendants du sujet.
Dans le passage 2.2.1.2 on a expliqué, qu’un sujet peut être positionné sur plusieurs niveaux, les pôles extrêmes sont l’individu et l’humanité. Cela signifie pour l’extension du monde 4 le suivant :
Si on prend l’individu comme point de départ, c’est au moins son corps, qui fait partie du monde 4. Mais par cette constatation on n’a pas expliqué ce qui est le corps d’individu. Par exemple on trouve parfois certaines déclarations comme la suivante : « „Dans l’univers des nouvelles technologies de communication, le corps humain est prolongé par des prothèses (les objets nomades, tel le téléphone portable).“ (Henri-Pierre Jeudy, p. 147) À la question, quelles choses font partie du corps du sujet et lesquelles n’en font pas, je ne voudrais pas suivre. Plus intéressante est une analyse du corps du sujet collectif.
Si on prend la collectivité comme point de départ, c’est son corps, qui fait partie du monde 4. Plus la collectivité est grande, plus son corps est grand et plus le monde 4 est grand. En cas extrême, si on suppose l’humanité comme sujet, monde 4 consiste de tous les corps humaines.
Mais on peut continuer. Dans le passage 2.2.1.2 j’ai mentionné Halbwachs et son hypothèse d’une mémoire collective, et maintenant je voudrais revenir à lui. Selon Halbwachs, cette mémoire collective est – par contraste à la mémoire individuelle, qui est « intérieure ou interne » (p.99) – « extérieure » (p.99) ; il écrit, « que nous connaissons notre mémoire personnelle seule du dedans, et la mémoire collective du dehors ». En particulier, il démontre l’importance de l’espace et des corps dedans duquel pour la mémoire collective : « nous dirons que la plupart des groupes, non seulement ceux qui résultent de la juxtaposition permanente de leurs membres, dans les limites d’une ville, d’une maison ou d’un appartement, …, dessinent en quelque sorte leur forme sur le sol et retrouvent leurs souvenirs collectifs dans le cadre spatial ainsi défini. » (p. 232)
Si on accepte la position de Halbwachs, le monde 4 ne consiste pas seulement des corps humaines, mais aussi d’autres choses matérielles, qui sont crées par eux, par exemple l’appartement, la maison, la ville.
Une position semblable défend Popper en cadre d’une expérience imaginaire, qui lui sert comme argument pout l’indépendance du monde 3.[1] Au total on peut dire, que le corps du sujet collectif, ce sont toutes les objectivations de la culture (humaine).
[1] „All our machines and tools are destroyed, and all our subjective learning, including our subjective knowledge of machines and tools, and how to use them. But libraries I and our capacity to learn from them survive. Clearly, after much suffering, our world may get going again.” (p. 107-108)
3.1.2. Thèse 2. Le Monde 4 est cette partie du monde extérieur, qui est influencée par le sujet
L’argumentation suivante semble plausible aussi : Car le monde extérieur est matériel, il faut qu’on cherche les choses, qui font partie du monde 4, dans le monde extérieur. En faveur de cette argument on peut dire, que le monde extérieur est sans aucun doute matériel. Autrement dit : la première condition est accomplie. Mais il reste encore une deuxième condition : la dépendance du sujet. Il semble impossible, que cette condition puisse être accomplie, parce que le monde extérieur est un monde indépendant du sujet, tandis que le monde 4 est un monde dépendant du sujet. Mais cette objection ne se rend pas compte, que le monde matériel soit identifié avec le monde extérieur. Autrement dit, on n’a pas répartir le monde matériel en un domaine, qui dépend du sujet et un domaine, qui n’en dépend pas. Donc il faut rattraper cette répartition ; c’est-à-dire, il faut soustraire du monde extérieur tout ce qui est dépendant du sujet. Par conséquence, on a le monde extérieur, qui est complètement purifié des éléments dépendants du sujet, et on a un monde matériel, qui est également libre des éléments indépendants : c’est le monde 4.
Mais ce résultat, n’est-il pas le même que le résultat de la thèse 1 ? Contre cette objection on peut dire : Dans le passage concernant la thèse 1, monde 4 est identifié comme une partie matérielle du sujet, donc plutôt le long de la différence « subjectif (faire partie du sujet) » – « objectif (ne faire pas partie du sujet) ». En revanche, la thèse 2 se réfère à la différence « dépendant du sujet » – « indépendant du sujet ». Et c’est exactement cette différence, sur laquelle la répartition du monde totale est basée. Donc le résultat n’est pas le même.
De plus il faut faire attention, que la thèse 2 n’exclue pas la thèse 1, si on accepte, que quelque chose peut être en relation avec soi-même ou avec au moins une partie de soi-même. Plutôt la thèse 2 permet une augmentation du nombre d’éléments, qui comptent parmi le monde 4. …
Si on prend le sujet collectif comme point de départ, on peut dire le suivant :
Tandis que - selon la thèse 1 – le monde 4 ne se borne qu’à la culture (humaine), selon la thèse 2, tous les éléments de la nature, qui sont influencés par la culture, comptent parmi le monde 4. Quelles sont ces éléments? Il serait intéressant d’analyser la possibilité de la position extrême, c’est-à-dire, de l’hypothèse, qu’il n’y a ou qu’il n’y aura que le monde 4. Dans le passage 3.3 point d, je reviens brièvement à cette question.
3.2 Critique à Durkheim et Popper et leur théorie des trois mondes
Si on accepte, que le sujet ne participe seulement au monde matériel, mais aussi au monde immatériel, et si on prend un sujet collectif comme point de départ, on peut compléter la définition du domaine de la sociologie selon Durkheim : Le domaine de la sociologie n’est pas seulement la conscience collective, mais aussi le corps collectif. Le monde 4 est aussi le domaine des sciences sociales que le monde 3.
On peut objecter l’argument suivant : Il est vrai que le monde 3 est un monde immatériel et le monde 4 est un monde matériel, donc ils sont comme l’esprit et le corps d’un sujet collectif. Mais les deux mondes se distinguent concernant leur dépendance du sujet : Monde 3 est indépendant du sujet et monde 4 en est dépendant. Comment un monde indépendant du sujet, le monde 3, peut faire partie du sujet ?
Cette objection ne rend pas compte du suivant : la définition des mondes, c’est-à-dire laquelle du monde extérieur, du monde intérieur et du monde 3 s’effectue sous l’ange individualiste ; c’est la position, que c’est l’individu, qui est le sujet d’action et de la connaissance. Même Durkheim emprunte cette position en qualifiant le monde 3 d’être objectif.
J’explique l’argument à l’aide d’un exemple : Si on dit, que le monde intérieur, c’est-à-dire les pensées, les affections et les volontés d’un certain homme, est le monde subjectif, cette définition n’a sens qu’à la condition, qu’on parle d’individu, qui est le sujet. À cette condition, toutes les autres choses immatérielles sont objectives.
Mais, si on défend la position collectiviste, il faut être conséquent. C’est-à-dire : « être dépendant du sujet » signifie : « être dépendent du sujet collectif ». Dans ce cas, les choses, qu’on appelle les éléments du monde 3 ne sont pas du tout un monde indépendant du sujet collectif: au contraire, ce monde est son propre esprit, c’est la conscience collective. Pour le sujet collectif, ce sont plutôt les pensées, affections et volontés individuelles, qui sont objectives.
Ēxpliquation de notion
Pour échapper les malentendus conceptuels, on peut distinguer deux stratégies :
Ou on classe le mot « monde intérieur » à la notion « monde immatériel du sujet individuel », puis l’extension de la notion est stable relativement. Mais on est obligé, pour échapper les malentendus, d’utiliser un autre mot pour la même extension, si on défend la position collectiviste. Car pour le sujet collectif, le monde intérieur n’est pas intérieur, mais extérieur ; et c’est le monde 3, qui est intérieur.
Ou on classe le mot « monde intérieur » à la notion « monde immatériel », (si nécessaire, par exemple au début du texte, on peut compléter le mot par l’adjectif « individuel » ou « collectif »). C’est-à-dire on utilise le mot indépendamment du niveau d’agrégation ; puis, il est vrai, l’extension de la notion augmenter dans la mesure où on augmente le niveau d’agrégation. Mais dans ce cas l’utilisation du mot est plus correcte.
3.3 Relations entre les mondes
Si on accepte, qu’il y a quatre mondes et que chaque monde peut être en relation avec les autres, on peut distinguer six relations entre ces mondes. Autrement dit : Tandis qu’à la condition, qu’on ne suppose que trois mondes, il n’y a que trois relations ; à la condition, qu’on suppose quatre mondes, le nombre de relations se double.
Dans le suivant, j’explique brièvement les trois relations « classiques », qui sont possible à la condition, qu’il y a seulement trois mondes ; mais je me borne à une description courte et formelle.
Les trois relations suivantes sont possibles :
- Relation entre monde extérieur et le monde intérieur.
- Relation entre le monde extérieur et le monde 3.
- Relation entre le monde intérieur et le monde 3.
Dans chaque cas, on peut distinguer deux « directions » : Ou l’un monde influence l’autre (Exemple : Le monde extérieur influence le monde intérieur.) ou le dernier influence le premier (Le monde intérieur influence le monde extérieur.). Au lieu des relations conditionnelles on peut aussi analyser des relations causales ou des corrélations.
Un exemple d’une description d’une relation causal on trouve dans Popper. Il écrit: „One of the fundamental problems of this pluralistic philosophy concerns the relationship between these three „worlds“. The three worlds are so related that the first two can interact, and that the last two can interact. Thus the second world, the world of subjective or personal experiences, interacts with each of the other two worlds. The first world and the third world cannot interact, save through the intervention of the second world”. (1974, p. 155)
d. Relation entre le monde extérieur et le monde 4
Il s’agit d’une relation entre deux mondes matériels, en effet l’un, qui dépend du sujet, et l’autre, qui ne dépend pas du sujet. Si on accepte la caractérisation dans le passage 3.1.1, il s’agit de la relation entre la nature et la culture. Les deux sont liées par le processus du travail. C’est le travail, par lequel le monde extérieur est approprié et devient dépendant du sujet. Par exemple Marx écrit:
„Die Arbeit ist zunächst ein Prozeß zwischen Mensch und Natur, ein Prozeß, worin der Mensch seinen Stoffwechsel mit der Natur durch seine eigne Tat vermittelt, regelt und kontrolliert. Er tritt dem Naturstoff selbst als Naturmacht gegenüber. Die seiner Leiblichkeit angehörigen Naturkräfte, Arme und Beine, Kopf und Hand, setzt er in Bewegung, um sich den Naturstoff in einer für sein eignes Leben brauchbaren Form anzueignen. Indem er durch diese Bewegung auf die Natur außer ihm wirkt und sie verändert, verändert er zugleich seine eigne Natur“ (1962, p. 177)
Dans cette citation Marx se réfère plutôt à l’individu, qui affronte la nature (« der Mensch », c’est-à-dire : chaque homme). On peut distinguer plus clairement la relation entre la nature et l’individu et la relation entre la nature et le sujet collectif.
Je voudrais revenir brièvement à la question du passage 3.1.2. Il est vrai, qu’il n’y a pas seulement le processus de l’appropriation et de la culture, mais aussi le processus de l’expropriation, c’est-à-dire le processus de transition à l’état naturel. Mais l’hypothèse est plausible, que même dans ce cas, ce soit aussi l’homme, qui cette transition « durch seine eigene Tat vermittelt, regelt und kontrolliert. » Donc on peut dire, que l’extension du monde 4 augmente au détriment du monde extérieur.
e. Relation entre le monde intérieur et le monde 4
Il s’agit de la relation entre les deux mondes, qui dépendent du sujet, mais se distinguent par leur substance. Cette relation se trouve dans le centre de la discussion du problème corps-esprit. Car on peut distinguer entre l’individu et la collectivité, on peut également distinguer deux problèmes: Le problème corps-esprit de l’individu et lequel de la collectivité. De plus on peut rechercher, s’il y a des qualités communes et des différences entre ces deux problèmes et s’il y a des relations entre eux.
f. Relation entre le monde 3 et le monde 4
Cette relation est laquelle entre les deux mondes, qui ne partagent ni la substance ni le même statut concernant la dépendance du sujet. De la position individualiste il s’agit de la relation entre le corps individuel et les pensées, affections et volontés collectives. De la position collectiviste, il s’agit de la relation entre le corps collectif et les pensées, affections et volontés individuelles.

