2.1.1 Positions quant à possibilité de la répartition concernant la substance
mars 19, 2009 at 1:19 Laisser un commentaire
Quant au nombre de substances, on peut distinguer trois positions :
Selon la position moniste, une répartition du monde concernant la substance n’est pas possible, car le monisme s’appuie à l’hypothèse, qu’il n’y ait qu’une substance.(1) On peut distinguer au moins deux positions monistes : le matérialisme et l’idéalisme.
Selon les matérialistes, le monde n’existe que comme monde matériel. Un représentant de cette position est Hobbes. Il explique le processus de la perception de la manière suivante: « La cause de la sensation est le corps extérieur, ou objet, qui presse l’organe à chaque sensation, soit immédiatement, …, soit médiatement, … ; cette pression, par l’intermédiaire des nerfs et des membranes, induit un mouvement continu vers l’intérieur, jusqu’au cerveau, et de là jusqu’au cœur » (p.16).(2) L’homme comme machine, qui obéit aux lois du choc.
Selon les idéalistes, le monde n’existe que comme monde immatériel. Par exemple Berkeley écrit: « There is no other substance than spirit, or that which perceives. » (§30)(3)
Selon la position dualiste, une répartition du monde est possible, car on suppose l’existence de deux substances, en effet le corps et l’esprit. On peut distinguer plusieurs positions, qui se distinguent – entre autres – concernant leurs suppositions quant à la relation entre ces deux substances ; dans ce qui suit, je n’en entre pas dans le détail.(4) Un représentant de cette position est Descartes, qui distingue dans son œuvre « Meditationes de Prima Philosophia » la res extensa et la res cogitans. Dans le passage 2.1.2 je reviens sur Descartes.
Selon la position polyiste, une répartition du monde est possible aussi, car on suppose l’existence de plusieurs substances, au cas extrême d’un nombre infini. Par exemple Leibniz décrit dans son œuvre « Monadologie » les monades comme « substance simple » (§1), et il écrit : « Car il n’y a jamais dans la nature deux êtres, qui soient parfaitement l’un comme l’autre et où il ne soit possible de trouver une différence interne. » (§9) Selon Leibniz il y a autant de substances simples qu’il y a des monades.
Bien que cette position puisse aussi être une base pour la répartition du monde, cette position n’est pas le point de départ de l’argumentation qui suit, car pour cette argumentation la position dualiste suffit.
(1) Cela s’applique aussi au monisme de Spinoza. Il est vrai, qu’il distingue le corps et l’âme, mais ce ne sont pas deux substances, mais deux modi d’une substance, en effet la substance de dieu. Il écrit: « L’esprit et le corps, c’est un seul et même individu que l’on conçoit tantôt sous l’attribut de la pensée, tantôt sous celui de l’etendue. » (Ethique, II, prop. 21).
(2) Autre représentants de la position matérialiste sont par exemple Demokrit, Gassendi, Diderot, Feuerbach ou La Mettrie. Cf ; Lange, F. A ., Geschichte des Materialismus, 1974
(3) Représentants d’Idéalisme sont enter autres Platon, Kant et Hegel. Cf. Willmann, O. Geschichte des Idealismus, Vol. I, 1973, Vol. II, 1975 ; Vol. III, 1979
(4) Un problème des théories dualistes est la question, comment on peut s’imaginer la relation entre le corps et l’esprit (problème corps-esprit) : „ Si l’âme est le contraire du corps, il n’est guère étonnant que se pose le problème de leur union et que des difficultés insurmontables surgissent.“ (Chantal Jaquet, „Le Corps“, p. 148).
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